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Droit de réponse de la CGT Laborit au texte du Directeur dans la lettre d’information de juin 2016
vendredi 3 juin 2016


« Le dialogue, relation des personnes, a été remplacé par la propagande ou la polémique, qui sont deux sortes de monologue. » Albert Camus (1913-1960) L’Homme révolté -1951

Cette citation sert de préambule au texte de l’expression de M. VERDUZIER, Directeur du CH Henri Laborit, dans lequel il tente de justifier les réponses apportées (menaces de sanctions disciplinaires, propos irrespectueux envers nos représentants, mépris des instances,…) suite à l’action du syndicat CGT envers les salariés handicapés de l’ESAT ESSOR.

En usant d’une référence d’Albert Camus dans le titre de la lettre d’information du mois de juin 2016 à destination de tous les agents du CH Laborit, la direction fait preuve non seulement d’une malhonnêteté intellectuelle mais d’une pensée perverse.

Cette perversion consiste à créer la confusion en s’appropriant la référence humaniste d’un célèbre écrivain qui a combattu les totalitarismes, les despotismes alors même que la politique de l’établissement tourne résolument le dos à la pensée humaniste.

L’action syndicale est toujours motivée par le sentiment d’injustice ou par le non respect de droits individuels ou collectifs.

C’est en ce sens que la CGT Laborit a déployé une action syndicale pour rétablir les droits des travailleurs en situation de handicap à l’ESAT Essor ainsi que du personnel encadrant malmené par des mutations autoritaires.

En choisissant cette modalité d’action, la CGT Laborit réaffirme que chaque salarié a le droit de rétablir une égalité de relation que le rapport de subordination lui enlève. En ce sens, l’action syndicale inverse les rôles, afin de rééquilibrer les relations en faveur de l’employé.

Sans cette action syndicale, tout à fait légale constitutionnellement, de la CGT Laborit, le rapport serait celui de la soumission du type « maître et l’esclave » tel qu’il se déploie depuis l’orientation de la politique de marchandisation de la santé.

Nous percevons directement les conséquences de cette politique à travers la tyrannie du pouvoir qui nous est le plus proche, lui même soumis à la tyrannie du pouvoir de l’ARS, elle-même soumise à une totale soumission au donneur d’ordre ministériel au service de la réduction budgétaire pour privatiser la santé.

Cette action syndicale en se déployant crée une tension sociale qui impose à chacune et chacun de renoncer au confort illusoire de la servitude.

En effet, la dénonciation d’une situation d’injustice oblige à sortir de sa sphère de faible sécurité pour une action en vue d’un nouvel équilibre afin de recouvrir des droits bafoués. Ce mouvement, cette tension sociale, vise à contester l’ordre régnant qui n’est plus identifié comme acceptable.

Les employés veulent retrouver, voire conquérir de nouveaux droits et aussi se réapproprier le sens du travail.

Le fait de la direction de déplacer autoritairement des employés est assimilé à une négation de leur sentiment, de leur jugement sur l’organisation du travail pour laquelle ils s’investissent.

Les priver de leur droit d’expression et de participation à l’organisation du travail est aujourd’hui contesté par ces agents en révolte.

Leur demande légitime se fonde sur la liberté d’expression et d’action pour affirmer leurs droits à se défendre, à se montrer solidaire envers des personnes plus vulnérables qu’eux.

Cette période de contestation du pouvoir dominant, ce refus de l’autoritarisme permet aux employés d’apprécier leur solidarité, de réduire l’isolement dans laquelle les plonge l’organisation managériale du travail.

Cette mise en mouvement, si elle comporte l’inconfort des incertitudes liées au changement, redonne un formidable espoir face à la tyrannie insupportable du pouvoir.

En retrouvant le sentiment individuel d’existence grâce à la solidarité des liens collectifs, il est possible de dénoncer la perversité morale qui use du formalisme de la culpabilité pour se dédouaner immédiatement en condamnant l’action syndicale.

Les défenseurs de la pensée autocratique mettent l’accent sur l’ordre, la sérénité avant la démocratie.

C’est précisément ce qui oppose les agents à ce mode de gouvernance, les agents en se référant aux valeurs humanistes veulent davantage de démocratie, pour se libérer des liens de subordination qui les réduisent à des simples exécutants de rouages d’une technique productiviste.

Combattre cette dérive perverse consiste à dénoncer l’usage de références humanistes en slogan pour se parer de leurs aspects formels afin de tromper les agents.

Tony Lainé qui a travaillé dans notre établissement dans les années 1970, en penseur humaniste, nous invitait déjà à lutter contre cette imposture perverse, qu’il appelait « notre propre fascisme ».

Le syndicat CGT du CH Laborit

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